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On
vous classe dans la catégorie "thrash Industriel",
cela te convient-iI?
Ça
ou autre chose... Ministry est depuis dix ans un produit
original qui n'a pas d'antécédents. Musicalement, nous
allons à l'essentiel, c'est ça qu'il faut dire. C'est
volontairement très agressif et à la fois linéaire et
oppressant. Nous voulions structurer nos morceaux de
telle façon qu'ils privilégient toujours l'efficacité
et qu'ils ne regorgent pas de faire-valoir idiots, des
tonnes de solos ou ce genre de trucs.
Tous
les détails qu'on remarque sur des morceaux comme «
N.W.O. » ou « Corrosion », sur le dernier album, ne
sont que des arrangements de studio, des effets dus
à la technologie. On aurait tendance à penser que Mlnlstry
est un pur produit de studio, or Il n'en est rien puisque
c'est vous qui avez reçu le meilleur accueil à l'occasion
de la tournée "Lollapalooza 2" ...
Je
crois que notre succès sur ce festival tient à deux
paramètres essentiels. D'abord le fait que nous avions
joué antépénultième, lorsque les gens sont bien chauds
mais pas encore fatigués. Ensuite parce que Ministry
n'avait rien de commun avec le reste des groupes présents.
Nous étions très largement les plus agressifs sur le
plan musical et, techniquement, je crois pouvoir affirmer
que nous étions vraiment au point.
Est-iI
vraiment possible que Ministry soit aussi cohérent sur
scène que sur album?
Tout
à fait, et contrairement à ce que les gens pensent avant
de nous voir live, nous n'utilisons pas de bandes sur
scène. Ce sont les claviers et la banque d'effets qui
reprennent les arrangements du studio. Un enregistrement
et un concert sont au départ deux situations bien différentes
et notre challenge, tous les soirs en tournée, est de
recréer les émotions du disque en direct et aussi parfaitement
que possible. Il n'y a pas d'impros, les titres sont
repris à la note près.
Votre
agressivité gratuite traduit-elle chez vous un réel
besoin de violence?
Absolument
pas, on ne monte pas sur scène pour livrer un combat
contre le public. On cherche à produire un effet puissant.
Ce n'est pas de la violence, c'est de l'énergie. Ça
conduit les gens à un état d'excitation et de folie
maximum. Certains musiciens aiment jouer acoustique,
on frappe alors dans ses mains et on boit des bières.
En ce qui nous concerne, nous proposons une musique
qui permet aux gens de se défoncer...
Votre
public se compose de beaucoup de thrashers. Est-ce un
genre que vous respectez?
Tout
dépend des groupes. Nous ne jouons pas de thrash à proprement
parler mais certains éléments, les rythmiques et le
chant notamment, peuvent effectivement évoquer le thrash.
Je crois que c'est une conjonction de style dans le
temps. En ce moment, Ministry rejoint le thrash, mais
ça n'était pas le cas il y a deux ans et ça ne sera
plus vrai dans deux ans. Je crois que la majeure partie
de notre public, même ici en Europe, est composé de
gens plus âgés qui connaissent Ministry depuis plusieurs
albums et qui ont suivi son évolution.
On
nous a dit qu'AI était dément, c'est vrai?
La
folie peut parfois être une excuse utile pour éviter
de répondre à des questions stupides ... Non, en fait,
je le connais si peu!

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